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 La misère du monde

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Melvin Nikita

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MessageSujet: La misère du monde    Lun 23 Aoû - 9:45

Vallcenson - 18:30

Les années passent étrangement vite, et pourtant la catastrophe qui a frappé Haven Field me donne l'impression de s'être déroulée hier. Cette ville qui m'a accueilli dans la plus grande discrétion, quelques mois avant ce terrible séisme. La dernière chance, pour la famille que Shaïka et moi allions fonder fin 2010. Trois ans plus tard, qu'en est-il de tout cela ?

Le soleil se couche une nouvelle fois sans état d'âme. La ville tombe peu-à-peu dans l'ombre et les quartiers de Vallcenson - sans doute l'île la plus touchée et délaissée de cette ville - se font moins sûrs. Mais je m'en fous, personne ne m'a fait chier longtemps ici, et les bruits courent sur moi depuis un moment. Ce fameux Melvin Nikita, celui qui a terrorisé une ville entière pendant une dizaine d'années ? Lui, ce monstre dans nos quartiers ? Mais plus rien n'étonne personne maintenant ! Je vois cette grande ville se dégrader de jour en jour, les petits groupes se forment sans arrêt, les forces de l'ordre sont obligées de sortir les armes pour calmer les pilleurs. Car il existe encore de nombreuses maisons à l'abandon, ainsi que beaucoup de ruines. Hier encore, un bâtiment au bout de la rue s'est effondré, tuant des squatteurs. C'est affolant de voir à quel point la ville délaisse ces quartiers. Dans ce district de Vallcenson, il n'y a que des afro-américains, et ma haine touche les paroles des politiciens lorsqu'ils disent clairement qu'ils ne veulent plus de notre vermine. Mais croient-ils que nous laisser galérer comme des crasseux va arranger les choses ? J'en entends déjà qui se révolte mais ne peuvent rien faire. Décidément, je n'ai jamais vu une misère pareille. Ma vie d'autrefois me manque, au moins la ville dans laquelle je suis resté plus de dix ans n'était pas aussi chaotique que Haven Field. Niveau criminalité, cette ville cache beaucoup plus de choses mais rien ne m'étonnerait si les chiffres d'homicides dépassent ce que j'ai pu voir jusqu'ici.

Je me grille un joint, assis sur la troisième et dernière marche de mon pavillon, seul en regardant ce qui m'entourent. Les gamins d'à côté qui s'amusent encore à la police et au gangster, tandis que sur ma gauche une vieille femme grille un mégot tout comme moi. Je fini par baisser la tête, relâchant la fumée, mes pensées bien loin de l'heure actuelle. Mon cœur est blessé depuis ce séisme, j'ai perdu une personne que la vie ne m'offrira sûrement plus désormais. Et dire que si je suis encore la aujourd'hui, si je respire cet air impur et que mes yeux voient encore, c'est grâce à elle...

Je me revois encore, trois ans en arrière, en plein été au milieu d'une forêt, squattant une cabane auprès de ma femme, mon meilleur ami et l'autre connard de pote à Shaïka, que je n'ai jamais pu blairer. Mais cette fois, je me vois debout devant une armée d'agents des forces spéciales. Les hélicoptères au dessus de ma tête, ne pouvant pourtant pas me voir grâce aux feuillages épais et imposants des arbres. Ces salauds qui m'ont pêché. Ils pensaient sûrement que je ferais de la résistance mais je venais de sauver la vie de ma femme et surtout celle de notre enfant, ce petit être en sécurité dans le ventre de sa mère, sans même que je le sache encore. Car je l'ai su dans la salle d'interrogatoire. Cette foutue salle que j'ai sûrement bien plus vue que ma propre cellule. Pour moi, depuis mon arrestation et après toutes les horreurs que j'ai commise, ma vie s'arrêterait en taule. Et ils me l'avaient bien dit, ces chiens de flics, je crèverais comme un enfoiré, ma mort serait attendue par un état entier. Mais je m'en foutais, sauf que ces enculés ont plus d'un tour dans leur sac. Personnellement, je serais mort la tête haute... sauf que la Vie en a décidé autrement, elle aussi. J'ai été confronté a un parfait dilemme. Victime de chantage par des hommes hautement placé de la justice, et la nouvelle d'un petit garçon dans le ventre de ma petite femme, la prunelle de mes yeux, celle que j'aime, la femme de ma vie que j'aurais été capable de quitter si... si ce petit homme n'aurait pas tout chamboulé.

Tout s'est enchaîné, tellement rapidement que j'en hallucine encore aujourd'hui. Pourtant, je savais tout ce que je disais, tout ce que je faisais et tout ce que j'ai fais il y a trois ans. Au service de l'état, au service d'une ville entière, seulement pour avoir la chance de fonder ma famille et tout cela dans un secret d'état bien gardé. Pour la première fois dans ma vie, depuis mon enfance, j'ai fais preuve d'une naïveté éblouissante, j'ai pris des risques, car finalement ma peine de mort je la vivrais dans les rues d'une ville que je ne connais pas... du moins c'est ce qu'ils pensaient, en me jetant dans la gueule d'un loup aussi dangereux que moi, en échange de ma liberté. Ouais, quelle liberté ? La délivrance de mon âme ou la liberté de ce monde ?

La liberté de ce monde...


Dernière édition par Melvin Nikita le Mer 25 Aoû - 13:15, édité 1 fois
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Shaïka J

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MessageSujet: Re: La misère du monde    Mar 24 Aoû - 16:35

Shaïka venait de terminer une dure journée de boulot mais elle ne comptait pas rentrer à la maison les mains vides. Elle savait que le frigo n'était pas bien rempli car elle n'avait pas eu le temps de faire les courses le week-end dernier à cause des gardes qu'elle devait assurer à l'hôpital. Du coup, elle s'arrêta à l'épicerie de Vallcenson afin de prendre deux trois trucs pour préparer un petit plat à l'homme de sa vie. La jeune afro-américaine parcourait les rayons de légumes puis de conserves avant de se diriger vers le rayon boucherie. Ce soir sa sera entrecôtes et petits légumes, la belle n'avait pas trop d'idées et il faut dire qu'elle était plutôt fatiguée de sa longue journée dans les couloirs blancs. Après avoir payé ses courses et avoir glissé ces dernières dans un sac biodégradable – tant qu'à faire -, la jeune femme quitta le petit magasin de quartier en saluant la vendeuse, qu'elle connaissait plutôt bien depuis 3 longues années. Elle marchait alors rapidement dans les rues de l'île avec cette envie de rentrer au plus vite à la maison, en espérant y trouver sa moitié. Quelques minutes plus tard, sa montre affichait les 19heures et Shaïka apercevait au bout de la rue sa petite maison. Elle n'avait ni l'envie ni même l'idée de se plaindre, elle était vivante et elle vivait au coté de l'homme qu'elle aimait et cela qu'importe le quartier, la ville ou même le pays. Certes ici, la misère s'installait de plus en plus mais que faire contre sa ? Maintenant ? N'est ce pas déjà trop tard ?

Shaïka avait beau se poser mille et une questions elle ne se voyait pas prendre à nouveau partie pour un quelconque coté de la population. Et pourtant son sang allait le faire sans même qu'elle ne s'en rende compte. La belle métisse approchait et plus elle approchait plus elle voyait se dessiner la silhouette de Melvin. La jeune femme s'arrêta ainsi devant les escaliers de chez elle s'abaissant au niveau de l'afro-américain lui déposant un tiède baiser sur le recoin des lèvres. Elle grimpa ensuite les escaliers deux par deux avant d'ouvrir la porte d'entrée. Elle déposa les paquets à la cuisine avant des les vider sur le plan de travail, rangeant ce dont elle n'avait pas besoin pour préparer à diner. Après s'être lavé les mains elle déposa son sac à main sur la table puis prit une casserole en fonte pour préparé ses petits légumes. Elle la mit sur le feu afin qu'elle chauffe un peu. Après avoir rincer les légumes qu'elle désirait, elle les découpa en petit cube avant de les incorporer dans la casserole beurrée. La cuisson se faisait longue mais il n'y avait rien de meilleur, elle allait juste remuer de temps en temps. Après s'être laver les mains, Shaïka s'installa dans les escaliers de l'entrée déposant sa tête contre l'épaule de Melvin.


« Mon coeur.. »
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Melvin Nikita

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MessageSujet: Re: La misère du monde    Mer 25 Aoû - 19:53

La liberté de ce monde qui ne m'offre que la vue de sa misère. En y réfléchissant, je ne vois que les mêmes choses depuis que j'ai ouvert les yeux, à la fin de mon innocence. La violence, les pleurs, les regards froids et noirs, la crasse et les mêmes pions à l'abandon. Toujours les mêmes. Sans cesse la vie se répète, elle n'est rose pour personne mais illusoire pour beaucoup. Aujourd'hui, je pense comprendre pourquoi la Vie m'a enlevé ce que j'attendais le plus, tout au fond de moi et sans le savoir; et pourquoi elle ne me donne pas à son amie la Mort. Elle souhaite que ma souffrance me fasse vivre, que mon cœur ait mal pour toutes les horreurs que j'ai commise. Peut-être est-ce simplement le prix à payer. Mais la saleté de mon âme ne se lavera pas dans ma vie actuelle. Impossible. Trop sombre et chargée de monstruosité. Je suis conscient que mes crimes peuvent se répéter de mes propres mains, sous mes propres ordres. Cela fait trois ans que je n'ai plus tué quelqu'un. Depuis qu'une de mes balles a explosé le crâne d'un homme... pas n'importe quel homme, aussi facteur de ma liberté et de mon casier "vierge" aux yeux de la justice. Mais à l'heure actuelle, je me demande si mes actes avaient une importance, car la raison pour laquelle j'ai agis n'existe plus. Elle ne vit que dans ma tête depuis le séisme.
Bien sûr, j'aime Shaïka comme plus aucune autre femme ne pourra avoir cet amour de ma part, mais tout cela ne se serait pas déroulé si je n'avais pas changé le cours des choses. À cette date, elle serait à la tête d'un grand hôpital, vivrait mon deuil trois ans après mon exécution, me verrait sur le visage de notre fils et l'éduquerait comme une reine. Seule.
Je n'aurais pas serré la main à ma mort par lâcheté, mais pas fierté. Au lieu de ça, j'ai été lâche avec moi-même mais je peux être fière de pouvoir épauler ma femme. J'ignorais l'issue de mon choix, mais dans les deux cas ma pauvre métisse devait perdre un être cher. Ce ne fut pas moi. Si ça l'avait été, ce séisme et cette ville elle ne les connaîtrait pas.
Que nous réserve encore l'avenir ?

L'heure tourne et voilà déjà ma petite femme, sacs de courses à bout de bras. Mes yeux la caresse avec discrétion mais je ne m'attarde pas à la regarder, reposant mon attention dans le vide en face de moi. Après le baiser de Shaïka, je jette mon mégot en face, sur la route. Restant assis, les coudes posés sur mes genoux et mes mains liées sous mon menton. Mon côté réservé refait surface avec violence, même si Shaïka m'a toujours connu ainsi, je crois qu'à certains moments je pars dans une intense réflexion sans m'occuper de ce qui m'entoure, et même pas d'elle. Celle-ci s'occupe dans la maison, une odeur agréable se dégage de la porte d'entrée.
Le regard vif, j'observe les actions aux alentours. Une bande de jeune afro-américains s'amuse sur le trottoir d'en face, et leurs regards ne me laisse pas indifférent. Ces yeux-là je les connais par cœur et les lis comme un livre ouvert. Le désespoir mêlé au dégoût, qui forme une force réelle en eux, des envies particulières mais jamais bonnes pour la société et la vie des autres.

Le poids et la chaleur de la tête de ma femme me tirent de mes réflexions. Je la regarde un instant et fini par mettre mon bras gauche autour de ses épaules.

" On n'a pas tout perdu... "
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Shaïka J

Invité



MessageSujet: Re: La misère du monde    Lun 30 Aoû - 8:20

La belle ressentit quelques secondes plus tard, la chaleur du contact avec Melvin, ce dernier déposant son bras autour de la jeune femme la ramenant contre lui. Shaïka glissa un peu plus son doux visage contre la peau tiède de l'homme qu'elle aime, sans un mot et sans un bruit. Un doux silence était installé, silence qui ne tarda pas avant d'être rompu. Melvin ajouta quelques mots, quelques mots qui firent réfléchir la jeune femme. Perdre ? Tout perdu ? Qu'avait elle réellement perdu mis-à-part sa place à Trinity City et l'enfant qu'elle portait. Cela était certes déjà beaucoup mais la seconde perte n'était pas définitive et elle avait décidée de ne plus s'en rendre malade même si penser à cette malheureuse journée, lui donnait encore et toujours des sensations de vertige. Comment pourrait elle oublié ? Oublié qu'elle a sentit quelque chose se déchirer au plus profond d'elle même, qu'elle a maudit la terre entière et qu'elle aurait pu tuer tout ce qui se trouvait sur son passage, tellement rien, plus rien n'avait d'importance. Shaïka vivait avec depuis 3 ans, elle s'était accoutumée à cette douleur qui donnait parfois l'impression de ne plus exister, ce n'était qu'une impression malheureusement, une impression qui parfois se révélait terriblement fausse. Melvin pouvait avoir lui l'impression d'avoir perdu pas mal de trucs, mais elle possédait toujours la vie, la faculté de la donner ainsi que l'homme qu'elle aimait, tout était à reconstruire certes mais les ruines semblaient bien solides, pouvant supporter à nouveau d'épais murs. La belle afro-américaine regarda autour d'elle durant quelques secondes avant de déposer son regard sur les mains de l'ancien chef de gang, glissant les siennes au creux de celles de son partenaire comme une douce caresse, source d'un précieux réconfort. En silence, toujours elle déposa un baiser dans le creux du cou de Melvin glissant quelques mots inaudibles. Des mots d'amour, de confiance, de respect.. Des mots silencieux. Quelques secondes plus tard, la belle reprit la parole à voix toujours basse :

« On a tout à reconstruire. » Glissa-t-elle avant de reprendre : « On est pas les plus à plaindre. »

Au même moment, son regard se déposa sur une vieille afro-américaine qui passait par là, la démarche douteuse forçant sur sa jambe droite, le regard dans le vide. Tant qu'il restait du temps et de l'espoir, tout était possible pour une quelconque reconstruction. Shaïka caressait doucement la main de Melvin de la pointe de ses doigts.

« On a déjà toute la richesse du monde.. Le reste n'est qu'une question de temps. »

Une question de temps, oui.. Tant qu'il en reste..
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Melvin Nikita

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MessageSujet: Re: La misère du monde    Jeu 7 Oct - 17:11

Nous n'avons pas tout perdu, car malgré les années et les épreuves traversées, l'amour que l'on ressent l'un pour l'autre n'en est pas moins fort. Au contraire, je ne me vois pas sans elle, bien que j'ai tenté plus d'une fois d'imaginer ma vie avec une autre ou loin d'elle, c'en est impossible. Au final, cela me prouve que sans Shaïka je ne serais pas le même homme, je ne serais rien. J'aimerai qu'elle me suive partout où je suis, que nous soyons l'un auprès de l'autre jusqu'à ce que la mort nous sépare. Car cette mort interviendra, un jour ou l'autre, et je pourrais être fier d'une chose : j'aime ma femme et je sais que je l'aimerai jusqu'à ce que mon cœur cesse de battre. J'ai cette chance et j'ai conscience que je dois en profiter au maximum. Malheureusement, je ne parviens plus à être l'amant attentionné et souriant, depuis la mort de l'enfant que nous devions avoir, depuis ce séisme qui ne m'a pas permis de me reconstruire comme je le souhaitais. Mes projets se sont effondrés et je dois encore y faire face. J'en ai la force, mais peut-être moins l'envie. D'autant plus que j'ai sauvé ma peau pour essayer de donner à mon enfant ce dont il m'a toujours manqué : une présence et de l'amour. Seulement, la mort m'a arraché cet espoir et tout ce que j'espérais. Désormais, je dois vivre sans ce môme, et j'ignore encore si je suis capable d'être un père digne de ce nom. Car savoir Shaïka enceinte m'a ouvert les yeux ainsi qu'une part sombre de mon cœur. Devenir père, je le demande inconsciemment, rien que pour me prouver que l'amour paternel existe et que je peux l'offrir au fruit de mon amour avec Shaïka.
Mais plus tard, aurais-je encore l'envie de voir et faire grandir un enfant ? Est-ce que j'en ai encore envie ? Moi qui n'ai toujours pas fait le deuil de celui que nous avons perdu, ni même le deuil de mon ancienne vie loin de cette misérable ville.

Blottie contre moi, Shaïka me glisse à l'oreille des paroles que je n'écoute pas. Je regarde autour de moi, de mes yeux profondément noir mais pourtant brillants.

Je me lève après ce que vient de dire ma métisse. Mes gestes ne sont pas doux, je n'ai même pas pris la peine de la prévenir et de la reculer. Je baisse les yeux vers elle et lui réponds, d'un ton sec et distant.

" Je ne cherche pas à ce qu'on me plaigne "

Toute la richesse du monde ? Ce n'est pas l'amour qui va payer mes factures. Et je n'ai pas un rond.
J'entre dans la maison, laissant la porte se refermer seule. Mon paquet de cigarettes se trouvent sur la table du salon, je m'en allume une et lève la tête vers le plafond. Il fait sombre dans cette pièce, la nuit tombe.
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Shaïka J

Invité



MessageSujet: Re: La misère du monde    Ven 8 Oct - 20:05

Shaïka est perdue dans ses pensées alors que Melvin se lève brusquement, elle ne s'y attend pas. Cependant elle ne dit rien et se contente de fixer l'horizon. Elle a beau le comprendre, elle est agacée au plus haut point. Elle l'aime plus que tout au monde et elle comprend à quel point il a du mal depuis son départ de Trinity et ce passage dans le couloir de la mort. Cela se comprend et Shaïka fait d'ailleurs face à ses cotés afin de l'aider. Malheureusement, elle aussi a du mal à se reconstruire dans cette ville qu'elle n'apprécie pas plus que ça, où elle ne connait personne, où rien ne lui fait du bien et où tout ses efforts sont voués à l'échec. Melvin est malheureux, il semble en vouloir à la planète entière et Shaïka au contraire bien que malheureuse, elle se sent tellement vide et mal à l'aise qu'elle est incapable d'en vouloir à qui que se soit. Elle seule, a ressentit son enfant mourir, elle seule a sentit sa présence chaude s'affaiblir laissant un gouffre immense de douleur. Elle n'a personne à qui en parlé et en plus de ça, elle doit trouver les mots pour remonter le moral de Melvin, qui semble s'en foutre comme de sa première chaussette. Le plus dure dans tout cela, c'est que l'amour est plus fort que jamais, qu'il est une certitude et c'est peut être d'ailleurs pour cela que la belle n'arrive pas a provoquer chez son homme une quelconque réaction. Il est sûr qu'elle sera toujours là mais se doute-t-il qu'elle pense à la mort plus que jamais depuis qu'elle l'a sentit s'emparer d'une partie d'elle-même ? Shaïka a trop de respect pour l'ancien chef de gang pour mettre un terme à ses jours cependant elle a la fâcheuse tendance de prendre mille et un risques inconsidérés depuis de nombreux mois. Comme si au fond sa ne serait pas si grave si la mort l'attrapait au détour d'une ruelle. Pensive, la belle réalise enfin que la porte vient de se fermer et elle entend enfin les mots de Melvin. Un soupire de lassitude sur les lèvres, elle se lève ouvrant la porte avant de prendre la parole à voix basse mais assez prononcé pour que Melvin en capture chacun des mots :

« Comment je pourrais te plaindre ? T'es trop égoïste pour que je te plaigne Nikita.. »

Sans adresser un regard vers le canapé, Shaïka ferme la porte. Laissant à l'intérieur son arme, son portable et ses clés. Elle descend les quelques escaliers avant d'avancer sur les trottoirs. Elle a juste l'impression qu'il n'entend pas sa compassion, sa compréhension, sa douceur et sa gentillesse, peut être réagira-t-il aux mots plus crus. La belle disparaissait dans le noir en se disant que peut être ce soir sa vie allait à nouveau basculer vers un autre lendemain ou vers sa dernière soirée d'Automne. Il n'y a qu'en flirtant avec la mort que quelque fois on se sent vivant.
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Melvin Nikita

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MessageSujet: Re: La misère du monde    Ven 8 Oct - 20:25

Je n'apprécie pas cette ville et je n'ai même pas pris le temps de la connaître davantage depuis trois ans. Pourtant, j'en ai eu de nombreuses occasions mais je préfère me lamenter sur mon sort et regarder le temps passer. Sans but, sans envie. Juste celle de dormir à n'importe quelle heure et de dire merde au monde entier sans même le regarder. Je ne désire plus ma femme comme autrefois, je lui tourne le dos lorsqu'elle est avec moi. À chaque pas qu'elle fait vers moi, j'ai conscience de reculer et d'en revenir au point de départ. Au final, elle finit par se lasser et cela ne semble m'atteindre. J'aime ma solitude autant que je la hais. Complètement aveuglé par ma peine, je m'enterre dans un cercle infernal qui n'appelle qu'à l'égoïsme. Ne pensant qu'à moi, je ne prends même pas le temps de réagir auprès de ma métisse. Cette femme pour qui je donnerai ma vie. Cette tendre et jolie dame que je ne regarde plus comme avant. Rien à foutre de ce qu'elle fait, rien à battre d'où elle se trouve, du moment que je la sais en vie et que les jours finissent en sombres nuits. Je ne pourrais décrire le sentiment qui me gagne à chaque levé, à chaque couché, à chaque fois que je respire. Je pense sans arrêt, repassant les mêmes scènes, regrettant même de ne pas être mort exécuté en taule, la tête haute. Je n'ai gagner qu'un casier verge en rendant service à la société, à une ville en perdition bien loin d'ici, à une communauté entière qui ignore ce qu'a fait Melvin Nikita. Car dans cette lointaine ville, un truand de mon envergure est mort, mais personne ne sait par qui et la justice cache bien la vérité. Qui pourrait accepter qu'un monstre comme moi ait regagné sa liberté, après toutes les horreurs commises. Finalement, j'aurais préféré faire face à la mort. Cette fois, elle m'aurait tendu les bras à une heure précise. Pour la première fois, j'aurais quitté les bras de Morphée à chacune de mes nuits pour me blottir contre ceux-de la mort, pour une nuit éternelle.

Shaïka entre sans faire grand bruit, du moins je ne l'entends pas. C'est sa voix qui me tirent de mes pensées. Pour la première fois en six ou sept ans de couple, Shaïka Jackson m'a appelé Nikita. Un acte que je juge méprisant. Je ne réagis pas, dos à la demoiselle. Cette fois, je l'entends partir. Je reste planté au milieu du salon, plongé dans une pénombre angoissante avec pour bruit les voitures qui passent sur la route face au pavillon. Soudain, j'attrape la chaine hi-fi se trouvant à ma droite et la balance contre le mur avec violence, tremblant de haine.

" Salope "

Je me retourne et tape dans le mur avant de prendre l'arme de Shaïka. Je n'en dispose pas encore. Elle a laissé ses affaires ici. Tant pis pour elle, s'il lui arrive quelque chose je ne serais pas là pour l'aider. Qu'elle se démerde, elle n'a pas besoin de moi.
Je quitte le pavillon sans même penser à verrouiller la porte. Arme en évidence, ce dont je me fout complètement, je pars dans le sens opposé de Shaïka sans même le savoir. Mon but est d'aller bouffer dans le fast food du coin, ou de buter le premier qui se met sur ma route. Je n'ai rien à perdre.

{A savoir que ce topic se déroule avant que Melvin s'achète une arme et fasse le cass' etc.}

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